Dimanche 15 février 2009 9HOO c’est parti, il fait -5° température ressentie 40° !
Le cou, pas encore complètement paralysé, je scrute le ciel : pas un nuage, face à moi le Grand Canyon et les gorges du Verdon. Jamais oh grand jamais je n’ai autant haï les descentes, je les réalise sur les freins, trop froid. Je vénère les côtes, bien trop courtes pour dégeler mon corps, je me pose la question de savoir à combien les neurones gèlent. Bon enfin il y aura de quoi se

réchauffer, dans la première ascension, celle de la rive gauche, par Aiguine, mais avant cela, le passage frigorifique du Lac de Sainte Croix.
Allez hop clignotant à gauche, direction Aiguine, humm que c’est bon de grimper (au début lol), jusqu’à Aiguines du 7% et puis du 8% jusqu’au sommet. Ca va mieux question température, pour le rythme bof, je m’attendais à mieux, je suis sur une dent de plus que j’imaginais, je me console en me disant que cela doit être le froid. Le problème de cette corniche gauche du Verdon, est qu’une fois au sommet on pense qu’on va faire que descendre, pensez vous ! Cela vas être une succession de descente et de cotes jusqu’à Trigance.
Je passe rapidement sur la grande frayeur du jour dans le second tunnel « des Cavaliers » certes court mais oh combien sombre et …verglacé, à peine une roue à l’intérieur, me voici travers ! Je touche à rien, je prie qu’une voiture n’arrive point, un regard atterré sur la sortie, mon cher (je parle pas du prix, bande de matérialistes) vélo se remet en ligne, miracle c’est passé, quelle peur rétrospective ensuite.
J’ai appris ensuite que la route n’est re ouverte que depuis 2 jours. Maintenant descente sur le pont de l’Artuby, toujours aussi vertigineux ce merveilleux Verdon, les descentes sont très sages, j’assure car pas mal de pierres et quelques flaques de glace parsèment la route.
Et puis voilà Trigance sur la gauche, longue descente rapide et direction Castellane, et retour vers un minima de civilisation, j’ai sur 70 km rencontré 2 voitures ! Quelques km avant Castellane c’est le retour vers le sud, par la route des gorges rive droite, toute à l’ombre, une idée germe, « si je m’arrêtais à la petite auberge du point sublime pour un p’tit jambon beurre » voilà une idée qui me donne la pêche…Allez un peu de danseuse pour faire le gars qui en a ! Et …et auberge close (pas confondre avec maison ;)) Bon, ben je me contenterai d’une pâte d’amande et d’H2O à peine dégelée. Un p’tit coup d’œil à la falaise dite « des fadas » car il y a des fous qui la grimpent. Allez hop on escalade jusqu’à La Palud.
Normalement au programme il y a la route des Crêtes mais sera-t-elle praticable ? Au fond de moi j’espère que non lol, et en effet c’est non ! Ouf ! Les dieux me sont favorables, ça s’arrose, au p’tit bistrot de La Palud, le village roupille, c’est le désert, il fait penser à ces villages de western quand un étranger arrive, c’est fou comme la région hiverne, quand on pense à l’animation qui règne en été.
Assez médité au bistrot, il y a encore de la route, mais ça sent le retour et cette p’tite bière, je l’avoue, m’a survolté. La descente sur Moustiers est sage, toujours ces pierres échappées avec le dégel de la neige, j’en fixe une belle et évidemment je roule sur elle comme un idiot, pas de mal mais pourquoi je l’ai fixée !
Puis Moustier, la civilisation intense : 4 voitures, 2 motos ! Et voilà j’arrive à Valensole, après la délicieuse rencontre avec Puimoisson, village typique de Haute Provence que je découvre. 145 Km, 6h52, de selle, 2560 m. de dénivelé une belle journée tout simplement.